Aguilar

Enserrée derrière sa puissante double enceinte, l’ancienne forteresse royale d’Aguilar domine, à 296 m d’altitude, la plaine viticole de Tuchan, surveillant un des rares passages des Corbières et ouvrant, au-delà, jusqu’aux premiers massifs pyrénéens. Le site se trouve sur le territoire de la commune de Tuchan.

SITUATION PAYSAGÈRE ACTUELLE

Situé dans la partie sud des Corbières orientales, au sud-est du département de l’Aude, le château d’Aguilar est implanté dans la plaine viticole de Tuchan, entre moyenne montagne et mer Méditerranée. Marqué par le climat méditerranéen, ce territoire fait la transition entre les Hautes-Corbières, les reliefs du Roussillon et le Fenouillèdes. Cette position isolée au cœur des Corbières donne au paysage son visage caractéristique et varié. Le château d’Aguilar s’inscrit dans une région de plis et de chevauchements qui sont à l’origine des différentes formes de reliefs et de paysages de cette partie des Corbières, dont les fameux pechs, selon le parler local, qui désignent ces sommets aux formes arrondies.

C’est sur l’un d’entre eux que s’élève, à 296 m d’altitude, le château d’Aguilar.
Malgré cette faible altitude, il permet d’embrasser d’un seul coup d’œil la diversité des paysages de la plaine viticole de Tuchan, fermée à l’ouest par la majestueuse barre montagneuse du Tauch. Au sud-ouest, le panorama se déploie jusqu’à l’imposant massif pyrénéen du Canigou.

HISTOIRE

Dominant la plaine de Tuchan, le château d’Aguilar fait partie du réseau de forteresses annexées par le roi de France au XIIIe siècle et reconstruites pour se protéger du royaume d’Aragon, dont la frontière passait à quelques kilomètres de là… Une vie de sentinelle dans le décor majestueux des Corbières.

DES ORIGINES INCERTAINES

D’une hauteur de 296 m, « ce puy que l’on nomme Aguilar » (puio quem dicunt Aguilar) est mentionné en 1020 dans le testament de Bernard Taillefer, comte de Besalù, qui le transmet à son fils, en même temps qu’il lui lègue la vicomté de Fenouillèdes. On ne saurait pour autant en conclure qu’un château existait à cette date ; peut-être y avait-il toutefois quelques aménagements témoignant du pouvoir exercé par le comte sur le territoire. Les années 1050-1080 sont, dans cette région, une période de grands troubles et, sans que l’on sache comment, Aguilar entre dans le patrimoine de la famille de Termes.

DES ORIGINES INCERTAINES

D’une hauteur de 296 m, « ce puy que l’on nomme Aguilar » (puio quem dicunt Aguilar) est mentionné en 1020 dans le testament de Bernard Taillefer, comte de Besalù, qui le transmet à son fils, en même temps qu’il lui lègue la vicomté de Fenouillèdes. On ne saurait pour autant en conclure qu’un château existait à cette date ; peut-être y avait-il toutefois quelques aménagements témoignant du pouvoir exercé par le comte sur le territoire. Les années 1050-1080 sont, dans cette région, une période de grands troubles et, sans que l’on sache comment, Aguilar entre dans le patrimoine de la famille de Termes.

OLIVIER DE TERMES, UN FIN STRATÈGE

C’est en 1241 qu’apparaît pour la première fois la mention du « castrum » d’Aguilar. Après l’échec de la révolte contre les croisés de Raimond Trencavel à laquelle il a pris part, Olivier de Termes se soumet sans condition au roi de France Louis IX (Saint Louis) et lui remet sa terre d’Aguilar. Occupé alors par une garnison royale, le château lui est restitué en 1250, en récompense de ses services en Terre Sainte. Car entre temps, ce fin diplomate et ancien défenseur de la dissidence cathare n’a pas hésité à retourner sa veste pour partir guerroyer en Orient aux côtés des croisés. Finalement, en 1262, Olivier de Termes vend Aguilar à Louis IX, qui intègre le château dans les forteresses royales chargées de défendre la nouvelle frontière avec l’Aragon dessinée en 1258 par le traité de Corbeil.

VIGIE SUR LA FRONTIÈRE

Entièrement restructuré, modernisé, doublé d’une seconde enceinte fortement défendue, voici donc Aguilar en première ligne face aux fortifications du puissant royaume d’Aragon comme Força Réal, Opoul ou Tautavel, dont les vestiges de la tour de guet se distinguent depuis Aguilar. Seule une petite garnison tient la place, mais en cas de danger, elle peut donner rapidement l’alerte jusqu’à Carcassonne, par des signaux de fumées ou des éclats lumineux, relayés par le réseau d’ouvrages défensifs qui ponctuent les Corbières.

En 1302, la garnison se compose de 16 hommes : le châtelain, douze sergents, un chapelain, un portier et un guetteur. Leur ravitaillement en armes, en vivres et en matériaux de construction est assuré depuis la sénéchaussée de Carcassonne, comme l’atteste notamment l’ordre donné en 1321 à l’artilleur du roi de prélever sur les équipements de Carcassonne des armes et munitions afin d’en pourvoir Aguilar.

VIGIE SUR LA FRONTIÈRE

Entièrement restructuré, modernisé, doublé d’une seconde enceinte fortement défendue, voici donc Aguilar en première ligne face aux fortifications du puissant royaume d’Aragon comme Força Réal, Opoul ou Tautavel, dont les vestiges de la tour de guet se distinguent depuis Aguilar. Seule une petite garnison tient la place, mais en cas de danger, elle peut donner rapidement l’alerte jusqu’à Carcassonne, par des signaux de fumées ou des éclats lumineux, relayés par le réseau d’ouvrages défensifs qui ponctuent les Corbières.

En 1302, la garnison se compose de 16 hommes : le châtelain, douze sergents, un chapelain, un portier et un guetteur. Leur ravitaillement en armes, en vivres et en matériaux de construction est assuré depuis la sénéchaussée de Carcassonne, comme l’atteste notamment l’ordre donné en 1321 à l’artilleur du roi de prélever sur les équipements de Carcassonne des armes et munitions afin d’en pourvoir Aguilar.

UN ABANDON PRÉCOCE

À diverses reprises, et notamment après la rétrocession au roi d’Aragon des comtés de Roussillon et de Cerdagne par Charles VIII, des incursions aragonaises ravagent le pays (1495-1496). En 1525, des troupes de Charles Quint prennent Aguilar et Tuchan et emmènent les habitants en captivité.

En 1542, après l’échec de l’armée française devant Perpignan, une escarmouche se déroule sur les pentes et au pied de la colline d’Aguilar, relatée par Blaise de Montluc : le château semble alors être en ruine et son intérêt stratégique bien amoindri. Un abandon précoce, attesté également par la liste des châtelains, qui s’arrête en 1569 alors que les châteaux de Quéribus et de Peyrepertuse conservent des garnisons jusqu’au XVIIIe siècle.

Toutefois, le conseil du département de l’Aude envisage, dans sa séance du 24 avril 1792, sa réutilisation contre les Espagnols. La victoire des armées révolutionnaires à Peyrestortes le 17 septembre 1793 rend caduc ce projet.

DESCRIPTION DU SITE

Comme au château de Termes, le travail des archéologues et des historiens a permis d’identifier à Aguilar deux périodes de constructions différentes. Alors que la base de l’enceinte intérieure semble pouvoir s’identifier avec le château seigneurial primitif et pourrait être datée du XIIe siècle, l’enceinte extérieure est signée des maîtres d’œuvre du roi de France, à partir du dernier tiers du XIIIe siècle. On y retrouve toutes les nouveautés architecturales apportées par l’architecture militaire capétienne qui se déploie sur le territoire pour affirmer la puissance du Royaume de France.

L’ANCIEN VILLAGE CASTRAL

L’accès primitif au château s’effectuait par le sud-est et aboutissait devant le mur oriental du village castral autrefois blotti au pied du château seigneurial et aujourd’hui disparu. Quelques tronçons de cette ancienne muraille subsistent, dont l’un comporte les vestiges d’un portail.

C’est sur le périmètre de l’ancien village, perchée sur un petit promontoire rocheux, que s’élève la chapelle Sainte-Anne, bâtiment rectangulaire couvert par un berceau légèrement brisé et fermée par une abside voûtée en cul-de-four. Sa présence est attestée en 1262.

L’ANCIEN VILLAGE CASTRAL

L’accès primitif au château s’effectuait par le sud-est et aboutissait devant le mur oriental du village castral autrefois blotti au pied du château seigneurial et aujourd’hui disparu. Quelques tronçons de cette ancienne muraille subsistent, dont l’un comporte les vestiges d’un portail.

C’est sur le périmètre de l’ancien village, perchée sur un petit promontoire rocheux, que s’élève la chapelle Sainte-Anne, bâtiment rectangulaire couvert par un berceau légèrement brisé et fermée par une abside voûtée en cul-de-four. Sa présence est attestée en 1262.

L’ENCEINTE EXTÉRIEURE

L’enceinte extérieure, hexagone irrégulier, porte la marque de fabrique évidente des ingénieurs royaux, qui y appliquèrent au XIIIe siècle toutes les techniques de l’architecture militaire capétienne. À commencer par les six tours semi-circulaires qui rythment le rempart, dont les bases sont ponctuées de pierres à bossage. En plus d’offrir un champ de tir panoramique aux défenseurs, postés derrière des archères à bêches disposées en quinconce, ces tours étaient ouvertes à la gorge du côté intérieur pour éviter de servir de refuge aux assaillants. Mais encore fallait-il réussir à pénétrer à l’intérieur de l’enceinte ! Ouverte sur le front ouest et précédée d’une barbacane, l’entrée principale était défendue par un assommoir et une herse, dont la base de la rainure est encore visible sur les vestiges de la porte. En longeant les murailles, d’une épaisseur de 1,20 m, on note les traces d’une poterne à l’angle de la tour nord-est, qui devait permettre d’accéder plus rapidement dans la place ou de s’échapper en toute discrétion. Le chemin de ronde, aujourd’hui disparu, était accessible grâce à trois volées d’escaliers droits.
Les lices, séparant les deux enceintes, sont occupées par des vestiges de bâtiments de services, dont certains, en pierre sèche, ne sont sans doute que le reflet d’une réutilisation pastorale tardive du site.

L’ENCEINTE INTÉRIEURE

Face à la porte principale, une rampe grimpe jusqu’à la porte de la seconde enceinte, longeant les courtines sous la surveillance de plusieurs archères. De plan polygonal irrégulier et dominant les lices de 4 à 5 m, cette seconde enceinte correspond probablement à l’emplacement du château primitif, dont les vestiges côtoient les réaménagements de la période royale. Côté ouest se dressait le logis du châtelain, matérialisé par une salle trapézoïdale aux murs percés d’archères voûtées (les mêmes qui surveillent la rampe d’accès) et de deux grandes fenêtres (à l’étage). Accolée au front nord, la tour quadrangulaire présente les traces de trois niveaux. Le premier était occupé par une citerne, reconnaissable à son enduit étanche de tuileau.

À l’extrémité orientale de l’enceinte, la muraille s’épaissit jusqu’à 2,80 m de largeur et adopte une forme d’éperon. Un aménagement datant de la période royale, destiné à protéger la partie la plus vulnérable de la forteresse et à offrir une résistance accrue aux éventuels impacts de boulets de pierre.
Non loin de là, les vestiges d’une cave voutée en grès rose émergent du sol.

L’ENCEINTE INTÉRIEURE

Face à la porte principale, une rampe grimpe jusqu’à la porte de la seconde enceinte, longeant les courtines sous la surveillance de plusieurs archères. De plan polygonal irrégulier et dominant les lices de 4 à 5 m, cette seconde enceinte correspond probablement à l’emplacement du château primitif, dont les vestiges côtoient les réaménagements de la période royale. Côté ouest se dressait le logis du châtelain, matérialisé par une salle trapézoïdale aux murs percés d’archères voûtées (les mêmes qui surveillent la rampe d’accès) et de deux grandes fenêtres (à l’étage). Accolée au front nord, la tour quadrangulaire présente les traces de trois niveaux. Le premier était occupé par une citerne, reconnaissable à son enduit étanche de tuileau.

À l’extrémité orientale de l’enceinte, la muraille s’épaissit jusqu’à 2,80 m de largeur et adopte une forme d’éperon. Un aménagement datant de la période royale, destiné à protéger la partie la plus vulnérable de la forteresse et à offrir une résistance accrue aux éventuels impacts de boulets de pierre.
Non loin de là, les vestiges d’une cave voutée en grès rose émergent du sol.

la forteresse en images

les autres forteresses

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